jeudi 21 mai 2015

Festival de Cannes 2015



Voilà Cannes qui suit son cours et équipée de mon joli badge, j'ai la chance de pouvoir arpenter les salles obscures. Un petit article pour récapituler ce que je vois. Je ferais peut-être des critiques plus développées sur certains films si le coeur m'en dit.

Classement, critiques et palmarès en fin de festival...

Sélection officielle 


Tale of tales - Matteo Garrone



Surprise cannoise pour ce long-métrage en compétition officielle. Un film de genre comme on les aime ou comme on les déteste. Du noir, du merveilleux, du faste, du magique;  un film qui ne passera sans doute pas inaperçu lors de sa sortie en salle. Dans l'ensemble les critiques me paraissent bien sévères pour ce film plutôt bien mené malgré des longueurs.

Umimachi Diary (Notre petite soeur) - Hirokazu Kore-Eda



Kore-Eda poursuit sa réflexion sur la famille japonaise (dans l'héritage de Yasujiro Ozu) en la démantelant toujours un peu plus. Après Tel père, tel fils (prix du jury Cannes 2013) qui posait des questions sur la paternité et la filiation, il revient ici sur une cellule familiale toujours plus en crise, puisque même les parents n'existent plus. Un film d'une tendresse inouïe, dont le propos s'étend à une réflexion sur la ville, la campagne; le Japon d'aujourd'hui , la vie, la mort, servi par des actrices aussi belles que talentueuses. Saluons également la finesse de l'écriture, avec une symétrie presque parfaite dans son scénario. Un film qui donne envie de vivre, d'aimer et d'être heureux.

Mia Madre - Nanni Moretti




Autre coup de coeur que le nouveau Moretti. Des rires, des larmes, mais surtout une mise en scène qui s'approche de la perfection. Nanni Moretti signe un film maîtrisé, bien que classique, qui fera tout de même tirer une petite larme, même aux moins sensibles d'entre nous. Décidément, je ne me lasse pas des films qui parle du cinéma. Un de mes favoris.

Carol - Todd Haynes



Belle performance d'actrice pour Rooney Mara, mais surtout Cate Blanchett dont on murmurait en sortant de la projection qu'elle avait toutes ses chances pour le prix d'interprétation féminine. Tantôt masculine, tantôt plus féminine, elle incarne un personnage brisé, dont la détresse est perceptible à l'écran. La photographie est magistrale, la mise en scène est maîtrisée et le scénario tient la route. On pourra cependant reprocher à Todd Haynes de signer un film en somme assez plat qui se traîne un peu et peine à avancer à certains moments.

La loi du marché - Stéphane Brizé



Un film social à Cannes qui n'a pas manqué de surprendre à côté de la féerie de certains films de la compétition. Sans ne jamais abaisser la caméra pour dresser un portrait misérabiliste de la France du 21e siècle, Stéphane Brizé réalise un film fort et audacieux sur ces gens qu'on ne montre pas si souvent au cinéma. Si le film est oppressant et parfois long, saluons la prestation de Vincent Lindon (longtemps ovationné à juste titre) dont le jeu, tout en retenue en fait un favori pour le prix d'interprétation masculine.

Marguerite et Julien - Valérie Donzelli



Me voilà obligée d'avouer mon faible pour Valérie Donzelli. Si le film a fait un flop parmi le public cannois, je ne peux pas m'empêcher de le réhabiliter un peu pour toute la tendresse que sa jeune réalisatrice lui a insufflée. De beaux personnages, de beaux acteurs, une belle BO, le tout formant un conte de fée pop, parfois guimauve et terriblement attachant. Alors oui, des longueurs, oui une immoralité (assumée !) et oui une multiplication des références, mais qu'importe. Marguerite et Julien est un jeu auquel nous invite Valérie Donzelli. Ne cherchons pas plus loin. Profitons du spectacle. 

Dheepan - Jacques Audiard



Dheepan bénéficie de nombreux atouts qui, réunis, auraient tout pour en faire un chef-d'oeuvre. Le scénario est bien ficelé (Thomas Bidegain et Noé Debré aux commandes), l'argument est intéressant, l'esthétique qui joue sur des jeux de lumière est magnifique (à part les plans surexposés que je trouve clairement laids) et la mise en scène et la direction d'acteur est au rendez-vous. Oui mais voilà, le film n'échappe pas à certaines maladroites, dont la fin qui dessert clairement le film de mon point, et un enlisement dans un propos qui frôle la stérilité. Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'Audiard a eu le coup de génie avec Un prophète, mais qu'il peine à le retrouver.  

Chronic - Michel Franco


Film mineur de cette sélection (dont je n'arrive pas à expliquer le prix du scénario), Chronic peint avec sécheresse le quotidien d'un infirmier auprès de patients en fin de vie. Si Tim Roth tire son épingle du jeu dans ce rôle aussi dur que froid, le film qui part pourtant de bonnes idées, ne parvient pas à me convaincre. Originalité du scénario? Je ne sais pas bien. Il faut reconnaître que le traitement du sujet, très pesant, étouffant, épuisant est intéressant mais le film se clôt sur un échec, celui d'une fin aussi facile que tirée par les cheveux. En définitive, de nombreuses maladresses et une séance difficile à supporter.

Macbeth - Justin Kurzel


Que fait Macbeth en sélection officielle? Je ne m'explique pas la raison de la présence de ce film à grand spectacle, tourné façon film d'auteur. Sans mentir j'ai passé un très bon moment, d'autant plus que le film est servi par deux acteurs au sommet (Michael Fassbender et Marion Cotillard, que je trouve, pour une fois, à la hauteur de son rôle, pour ne pas dire parfaite). Filmage beau, bonnes idées de mise en scène; mais une insistance parfois insupportable sur des effets de style (ralenti, saturation de l'image) qui rendent le tout plutôt moyen dans le cadre de la sélection officielle. Enfin, il faut aussi dire que cette adaptation n'apporte rien de nouveau à ce classique shakespearien déjà porté à l'écran par des réalisateurs de génie. Un peu fade donc, quoique réjouissant.

Le fils de Saul - László Nemes


Voilà la vraie bonne surprise de la sélection officielle ! Audacieux, brillant, déroutant; le jeune László Nemes réussit à porter un regard nouveau sur la Shoah (sujet déjà très souvent porté à l'écran) tout en faisant le choix d'une forme cinématographique novatrice. Tourné en caméra à l'épaule et en plans souvent très rapprochés sur le personnage principal (le fameux Saul incarné tout en subtilité par Géza Röhrig), Le fils de Saul s'intéresse à ces juifs prisonniers réduis en esclavage par les nazis afin d'aider à l'application de leur folie extermination. Un film important pour l'histoire des hommes et du cinéma.

Youth - Paolo Sorrentino


Je suis toujours quelque peu déroutée par les films de Paolo Sorrentino. Si j'en reconnaît l'extrême beauté, je dois avouée qu'ils ont tendance à m'ennuyer. Si la première demi-heure de Youth est extraordinaire, le film se délite peu à peu jusqu'à devenir de moins en moins intéressant. Malgré le duo d'acteurs qui porte le film (Michael Caine et Harvey Keitel), le film s'enlise dans un propos redondant. Enfin, cette esthétique de l'ostentation et de l'exagération (déjà présente dans La Grande Bellezza) qui tombe souvent dans le too much, me laisse de marbre.

Louder than bombs - Joachim Trier


Réalisation réussie, mais sans génie de Joachim Trier pour Plus fort que les bombes qui se focalise sur le deuil d'une famille après la disparition de la mère, grande reporter de guerre. Touchant, drôle, émouvant, le film suit un parcours sinueux dont on se demande parfois où il va en venir. Il n'en est pas moins intéressant dans son traitement et sa mise en scène (de très belles scènes de rêves et une réflexion sur le manque et la mort tout aussi pertinente). J'ai un petit faible pour Jesse Eisenberg, toujours très délicat et attachant dont la finesse dans ce rôle confirme qu'il est un acteur à suivre. 

Un certain regard 


Nahid - Ida Panahandeh


Un premier film tout en douceur et en subtilité pour cette jeune réalisatrice iranienne. Un cinéma de femme, sur une femme, Nahid dresse un portrait nuancé de la condition féminine en Iran. Le film se distingue par une maîtrise de la mise en scène et du scénario à qui on peut tout de même reprocher le manque de virtuosité, et une orientation plutôt facile dans le dernier quart d'heure du film. La jeune femme mérite bien son "prix de l'avenir" dans la sélection cannoise Un certain regard puisque ses premiers pas dans le cinéma sont des plus encourageants. Affaire à suivre...

Je suis un soldat - Laurent Larivière


Premier film sans génie pour Laurent Larivière porté par une Louise Bourgoin au sommet dans ce drame français présenté dans la sélection cannoise Un certain regard. Une belle photographie, une bonne direction d'acteur mais un scénario parfois un peu faible qui a tendance à tomber dans la facilité (voir le romantisme guimauve à certains moments). Saluons aussi la prestation de Jean-Hughes Anglade, très inquiétant dans ce film qui manque tout de même un peu de saveur.

Hors-compétition :


La tête haute - Emmanuelle Bercot (Ouverture)



Ambitieux de réaliser à nouveau un film sur la jeunesse à problème après le Mommy de Xavier Dolan qui a tant troublé Cannes un an auparavant. Pourtant Emmanuelle Bercot tire de ce paris un film d'une indéniable finesse, à la réalisation ingénieuse et délicate, notamment grâce à une utilisation subtile de la musique. On peut tout de même regretter des longueurs ainsi que des faiblesses scénaristiques vers la fin où l'élément de résolution est tout de même trop attendu. Quand au dernier plan, il ne fait pas l'unanimité...

L'Homme irrationnel - Woody Allen


C'est à croire que Woody Allen ne se remet pas du coup de génie qu'il a eu avec Blue Jasmine (qui lui a permit l'oscarisation de la formidable Cate Blanchett). Après le mineur quoique divertissant Magic in the moonlight, Emma Stone se retrouve de nouveau derrière la caméra du plus francophile des cinéastes américains pour incarner cette jeune étudiante qui noue une relation avec son professeur de philosophie, l'incontournable Joaquin Phoenix. La réflexion banale sur le kantisme et les philosophies de la morale ne parvient pas à relever le niveau de ce film qui ne dépasse pas le bon divertissement. Plutôt décevant dans son ensemble.

Une histoire de fou - Robert Guédiguian



Robert Guédiguian arpente de nouveau les sentiers de la mémoire arménienne dans ce film tourné à l'occasion de la commémoration du génocide. Si le cinéaste a parfois tendance à se perdre dans les travers de la reconstitution historique et dans des situations parfois un peu floue, il a le mérite de livrer au spectateur une réflexion sur le génocide et la détresse d'un peuple conduit jusqu'à la folie. Car qui est Robert Guédiguian si ce n'est un philosophe dont les questionnements dépassent bien souvent le cinéma lui-même? Un film à voir pour se souvenir et pour dire au monde que l'histoire ne s'écrit pas toujours du point de vue des vainqueurs. 

The Little Prince - Mark Osborne


Quelle déception que cette pseudo-adaptation du livre pour enfant le plus traduit au monde ! En extrapolant une histoire autour du chef-d'oeuvre de Saint-Exupéry, Mark Osborne tombe dans le piège d'en oublier le livre original pour partir dans un délire personnel. C'est d'ailleurs vraiment dommage parce que les scènes où l'on voit le petit prince sont magnifiques (avec un style papier mâché vraiment mignon), mais le film ne suit pas, se perd dans des méandres qui en viennent à trahir l'oeuvre. La scène culte du renard est tronquée, de nombreux passages du livre sont supprimés et la fin est carrément une réécriture à la sauce américaine. Décidément, Hollywood devrait cesser de chercher à s'approprier les mythes.

Semaine de la critique 


Les Anarchistes - Elie Wajeman (Ouverture, hors-compétition)


Une reconstitution tout en sobriété et révolte pour ouvrir la Semaine de la critique. Le film est porté par de très belles performances d'acteurs (l'ingénu Tahar Rahim, la rebelle Adèle Exarchopoulos et le doux-amer Swann Arlaud) qui incarnent avec subtilité ces fortes têtes du début du XXe siècle. Une jeunesse qui se révolte, s'aime et se déchire, une jeunesse de tous les temps, une jeunesse de tous les lieux; c'est le pari relevé par Elie Wajeman dans ce film d'une grande finesse. On pourra toutefois lui reprocher son intrigue parfois trop simple et sa résolution un peu rapide. Mais finalement qu'importe tant que vive le cinéma, et vive l'anarchie ! 

Ni le ciel, ni la terre - Clément Cogitore


Vrai coup de coeur pour ce premier film présenté à la semaine de la critique, dont le scénario très ambitieux remplit toutes ses promesses. Le film bénéficie également de la présence d'acteurs exceptionnels dont l'excellent Jérémie Rénier et le très attachant Swann Arlaud. Réflexion métaphysique sur la foi, Dieu et les hommes, il prend pour cadre la présence française en Afghanistan. Mais qu'on ne s'y perde pas, Ni le ciel, ni la terre n'est pas un film sur la guerre. Il place des individus dans une tension grandissante et observe leurs réactions, leurs peurs, leurs joies, leurs haines, leurs amours. Et c'est très beau.

Les deux amis - Louis Garrel (hors-compétition)


Louis Garrel propose avec Les deux amis, le film le plus bobo de tout le festival de Cannes. Dans cette (très) libre adaptation sans fantaisie de La Vie de Marianne où des personnages sans saveur se côtoient dans le Paris bourgeois du XXIe siècle, le fils de la tribu Garrel use d'influences diverses et variées pour réaliser son premier long-métrage. Des influences un peu trop présentes justement puisque certaines plans sont carrément des citations de films de Christophe Honnoré dans lesquels Louis Garrel a joué, et c'est un peu lourd au bout d'un moment. Perdue dans une salle hilare à chaque pseudo-mot d'esprit, j'ai souris quelques fois tout en restant de marbre la plupart du temps. Rappelons pour terminer que Louis Garrel avait annoncé vouloir faire "Un Claude Sautet des pauvres, façons série B". Il faut croire qu'il ne côtoie pas beaucoup les pauvres en question pour les peindre de cette façon. Décidément Louis, on attendait un peu mieux de toi que ce film qui se touche le nombril pendant deux heures. 

Quinzaine des réalisateurs 


Les cowboys - Thomas Bidegain


Premier film de Thomas Bidegain, co-scénariste de Jacques Audiard récemment palmé, Les cowboys dresse le portrait tout en nuances d'une famille déchirée par la fugue de leur fille aînée. Si la réalisation est parfois maladroite et le rythme pas toujours bien maîtrisé, reconnaissons que Thomas Bidegain part d'une idée originale, tout en jouant sur les effets de surprise d'un scénario ambitieux qui ne manque pas d'étonner le spectateur à plusieurs moments. Si le film n'a en apparence rien d'un western, il appartient plutôt à une forme presque hybride de cinéma où s'entremêlent différentes influences et tonalités pour créer un tout esthétiquement très beau et très bien pensé. Je ne m'avancerai pas jusqu'à dire qu'il invente une nouvelle forme, mais il en est quand même pas très loin. Le film se traîne un peu sur la fin et peine à exploiter certains personnages. En revanche, mention spéciale pour François Damiens qui prouve une fois de plus que les rôles dramatiques lui vont comme un gant et pour Finnegan Oldfield, qui en plus d'avoir un nom absolument génial, se révèle être un jeune homme tout à fait prometteur dont il faudra suivre la carrière cinématographique.


Trois souvenirs de ma jeunesse - Arnaud Despleschins



Mes premiers pas dans l'univers de Paul Dédalus ! Belle découverte pour ce réalisateur, dont je l'avoue un peu avec honte) je n'avais vu aucun film jusque là, comme quoi Cannes mène à tout. Donc c'est une très bonne surprise que ce film délicat et tendre où Despleschins décrit la jeunesse de son héros sous la forme de trois histoires indépendantes, selon trois genres et trois esthétiques bien différentes. Le film est porté par deux jeunes acteurs talentueux et très attachants (dont c'est le premier rôle au cinéma, il faut le préciser) et qui crèvent l'écran. Du charme, de la poésie, de la tendresse qui donnent très envie de retrouver Paul Dédalus dans d'autres films !  

Cannes classics 


La dame de Shangaï - Orson Welles (1946)



Très belle version restaurée de ce film mythique présent dans le cadre du cycle Orson Welles organisé par Cannes Classics. Que dire si ce n'est que Welles est un génie de la mise en scène ! 

Conte des chrysanthèmes tardifs - Kenji Mizoguchi (1939)



Film très rare de Mizoguchi numérisé en 2015 (numérisation et restauration pas exceptionnelles d'ailleurs), Conte des chrysanthèmes tardifs est une merveille de mise en scène. La composition des plans est extraordinaire (chaque plan atteint une véritable perfection). Si les spectateurs occidentaux pourront lui reprocher d'éventuelles longueurs, le film réussit à éviter le mélodrame tire-larmes pour devenir un drame purement mizoguchien qui n'est pas sans rappeler les chef-d'oeuvres des années 50.

Visita - Manoel de Oliveira (1982)



Film que je ne commenterai pas et que je ne critiquerai pas en raison de son caractère trop personnel. Testament posthume qui ne devait être présenté au grand public qu'après sa mort, Visita met en scène la visite d'un couple dans la maison de leurs amis absents; ces séquences étant entrecoupées par des scènes avec Manoel de Oliveira lui-même philosophant sur son existence. N'ayant jusqu'à présent vu aucun de ses films, je ne suis pas en mesure de parler de celui-ci, ni-même de l'apprécier.



vendredi 1 mai 2015

Everything will be fine, portrait d'un ratage

Présenté à la Berlinale (comme Taxi Téhéran), le film de Wim Wenders parti bredouille, à à première vue de nombreux atouts pour être un grand film : acteurs vedettes, décors sauvages (le film à été tourné à Montréal), grand réalisateur... Pourtant le nouveau Wenders ne restera pas dans les mémoires.



Réminiscence de Que la bête meure ou non, le film démarre sur une idée moyennement intéressante : un écrivain en manque d'inspiration qui s'est exilé dans un cabane au beau milieu de la neige, croit écraser un enfant dévalant sur la route en luge. Craignant le pire, il sort de la voiture, et surprise, l'enfant est planté là, l'air secoué mais bien en vie. Soulagé il l'attrape par la main et le ramène chez lui. Là, coup de théâtre que je ne vous révélerai pas mais c'est bien le seul rebondissement du film puisque le drame qu'il croit avoir évité a bien eu lieu. L'heure et demi qui va suivre sera une succession de scènes où on suivra James Franco dans sa culpabilité, ses difficultés à écrire, ses amours et la relation troublante qu'il garde avec l’événement de ce soir-là. 



Every thing will be fine est un film chiant. Le genre ennuyeux où on regarde sa montre toutes les dix minutes en se demandant quand ça va finir parce que c'est vraiment long. Sans vouloir faire de comparaisons qui n'auraient pas lieu d'être, il faut rappeler que Wim Wenders s'est imposé avec ses films précédents comme un génie de la mise en scène. Par un concours de circonstances j'ai vu Paris, Texas presque deux fois d'affilée et je dois reconnaître que le film, qui dure pourtant plus de deux heures, m'a semblé passer en dix minutes. Et là, je ne comprends pas ce qui s'est passé, j'ai cru à plusieurs reprises que j'allais sortir tellement ça s'étirait. Je ne peux pas dire que Wenders est un cinéaste vieillissant puisqu'il excelle dans la réalisation de documentaires (je pense que Pina figure à juste titre dans la liste de ce qui se fait de mieux ces temps-ci, tout comme Le Sel de la Terre que j'ai eu la chance de voir à Cannes et qui est vraiment très intéressant). Mais le retour à la fiction est complètement raté. D'abord faire jouer de bons acteurs ne suffit pas. James Franco est beau, tout le monde le sait. Mais le montrer en gros plan, plongée, contre-plongée, de dos, immobile, les yeux clos, pensif etc. ne suffit pas à faire de lui un personnage suffisamment construit. Le film présente des faiblesses scénaristiques évidentes notamment en matière de dramatisation puisque de nombreuses séquences semblent totalement insignifiantes. Les pistes sont lancées. C'est tout. Portrait psychologique? Histoire d'amour? Thriller? Je me suis à plusieurs reprises demandé à quoi voulait en venir Wenders; tant est si bien que j'ai cru à un moment donné que le film n'était rien d'autre qu'une histoire de vengeance particulièrement bien ficelée. Mais non. Déception totale, le cinéaste revient par une pirouette-cacahuète à ce thème qui lui est cher, la paternité. Si j'arrive à y croire dans Don't come knocking parce que le film repose sur autre chose que la quête du père, je suis désolée mais ici c'est complètement tiré par les cheveux. Un vague air de "tout ça pour ça?" plane sur le dénouement et j'ai franchement attendu le moment où la logique interne allait se dévoiler. En vain. L'omniprésence d'intertitre "trois ans plus tard" est étouffante, puisque les années passent mais rien n'évolue (et puis les intertitres, faut y aller doucement, c'était très à la mode dans les années 80 mais là faut avoir la main légère). Quant au filmage, puisque c'est aussi ce qui faisait de Wenders un génie de la mise en scène, c'est tout de même assez décevant. Je n'ai pas vu le film en 3D, mais étant donné qu'il a été tourné en 3D on en saisit quand même certains effets, du genre le plan d'ouverture sur le halo de lumière ou encore ce plan d'ensemble sur un arbre dans le dénouement avec profondeur de champ et tout le tintouin. Des virtuosités en somme bien inutiles, d'autant plus que le film a une atmosphère assez froide ce qui distancie encore plus le spectateur de ces personnages bancals. Même le mélo nous est refusé, c'est dire. Sans oublier les scènes d'auto-citation où Wenders fait du Paris, Texas justement (par exemple la scène où Charlotte Gainsbourg téléphone à Franco). Le problème c'est que ça en devient lourd parce que ça n'a plus rien de nouveau. 



C'est donc une déception et cela en dépit du fait qu'il s'agit du film d'un cinéaste génial, comme il nous l'a prouvé par le passé. Every thing will be fine est décevant à tous les niveaux. Le film de trop? Un coup manqué? La suite nous le dira puisque Wenders a le projet d'une nouvelle fiction avec le merveilleux Reda Kateb que j'aime tant. Dois-je avoir peur?

mardi 28 avril 2015

Taxi Téhéran, leçon de liberté

Une seconde de silence SVP, ce blog reprend vie.
Plus sérieusement, laissez-moi vous dire que je suis ravie que ce soit la première critique postée sur Bobbie in the Sky Génération 2.0 parce que j'ai vu le film le lendemain de la dernière épreuve du concours, et qu'il a en partie motivé mes choix d'avenir proche (à savoir que je veux étudier le cinoche, non pas retenter Normale Sup', de toute façon vu le fiasco que ça été cette année, je ne pense pas que ce soit l'idée du siècle de khûber).
Mais passons aux choses sérieuses...



Alors Taxi Téhéran c'est le nouveau long-métrage de cet infatigable arpenteur du cinéma iranien qu'est Jafar Panahi. Ours d'or à la Berlinale (et oui c'est pas rien quand même), le réalisateur s'improvise chauffeur de taxi et filme le Téhéran d'aujourd'hui de son siège de conducteur. Ce qu'il faut savoir c'est que seul le premier film de Panahi a été diffusé en Iran puisque le gouvernement islamique voit plutôt d'un mauvais oeil ce réalisateur aux idées progressistes. En 2009, après un projet avorté de docu-fiction sur les manifestations de colère de la population contre la réelection du président M. Ahmadinejad, Jafar Panahi a été arrêté par les autorités iraniennes, accusé de complot contre le régime. Sous la pression des organismes occidentaux, il a finalement été relâché mais est depuis interdit de quitter le territoire iranien et de réaliser des films. Mais Panahi est rusé et a depuis sorti trois long-métrages qui parviennent clandestinement dans les festivals internationaux (en 2011 Ceci n'est pas un film, en 2013 Pardé et en 2015 Taxi Téhéran). 

J'ai découvert Jafar Panahi en 2007 avec le formidable Hors Jeu, chronique débordante de vitalité qui suit des adolescentes iraniennes passionnées de football qui cherchent à rentrer dans un stade. Pour être honnête, je n'avais pas vraiment fait le rapprochement lorsque j'ai vu Taxi Téhéran et j'ai revu Hors Jeu avant de faire cet article (d'ailleurs le film pourra faire l'objet d'un autre article parce que je le trouve très intéressant à différents niveaux) ce qui m'a permis de voir toute la richesse de ce cinéaste que je vous engage très fortement à découvrir. 



Mais parlons de Taxi Téhéran, puisque c'est le sujet de ce premier article. Le plan qui ouvre le film est audacieux : la caméra posée sur le tableau de bord filme le Téhéran vivant, les scooters, les piétons, la vie à l'extérieur. Tout au long du film vont se succéder à l'intérieur des personnages haut en couleurs, filmés avec tendresse par ces petites caméras dissimulées autour de ce chauffeur de taxi pas très ordinaire. Vrais personnages? Faux acteurs? Le film ne nous le dit pas et c'est tant mieux car il est entouré d'un mystère indéchiffrable dont la clé se trouve dans le regard sombre de son réalisateur. On va parler politique, actualité, cinéma mais surtout liberté. Bénéficiant d'un scénario à l'écriture espiègle et particulièrement intelligente, ce long-métrage d'1 heure 22 minutes passe vite, trop vite; si bien qu'à la fin on en redemanderait encore. C'est que ce récit, en apparence plutôt banal, et pollinisé par une sorte de méta-discours tout à fait intéressant sur le cinéma. Pourquoi faire un film? Qu'est-ce qu'un film "diffusable"? Cette réflexion est menée d'une main de maître par la jeune nièce du réalisateur, aussi bluffante qu'attachante qui incarne bien cette soif inépuisable de liberté. En creux, c'est la pertinence de l'interdiction de filmer de Panahi qui est interrogée : "pourquoi est-ce que je ne peux pas diffuser un film où un garçon vole de l'argent puisque c'est ce qui s'est passé?", demande-t-elle en creux. Un débat ouvert entre l'image que les autorités renvoient de l'Iran, et l'Iran d'aujourd'hui. Mais il ne faut pas s'y perdre, Taxi Téhéran n'a rien du grand film politique aux revendications enflammées. Son réalisateur ne quitte jamais le siège de l'observateur qui ne juge pas. Le sourire imprimé sur les lèvres, il se promène dans le quotidien de Téhéran et s'amuse de cette ville cosmopolite qui regorge de surprises. Et c'est sans doute là que se situe la plus belle leçon que le cinéaste a à nous donner. A peu près à moitié de parcours, le faux chauffeur quitte le véhicule et lance des regards inquiets. Quelques minutes plus tard, il révèle à l'avocate Nasrin Sotoudeh, "la dame aux fleurs", avoir entendu la voix de l'homme qui le "cuisinait" en prison, le sourire toujours haut et les yeux pleins d'amertume, seule arme de résistance contre ceux qui voudraient le faire taire. Le sourire et le cinéma comme nouveau langage, Panahi réalise donc un film majeur qu'il faut avoir vu pour goûter à la liberté. 



Pour conclure, Taxi Téhéran a-t-il volé son ours d'or? Si vous lisez l'article de Studio Ciné Live de ce mois-ci vous verrez que le film n'est pas à l'abri de certaines polémiques qui voudraient que le film ait été récompensé dans un geste diplomatique, faisant de Panahi le martyr de la culture iranienne. N'ayant pas vu tous les films de la sélection, je ne peux pas vraiment m'exprimer sur le sujet; mais ce qui est sûr c'est que Taxi Téhéran est vraiment un film important. Je rejoins l'avis des journalistes de Studio pour dire que c'est du vrai cinéma. Vrai film, avec un vrai montage (le cinéaste explique dans sa note d'intention que le montage a été effectué clandestinement aux quatre coins de la ville), un vrai scénario, de vrais effets techniques. L'image est belle, le cadrage parfois maladroit est plein de charme (Jafar Panahi a dû s'improviser technicien puisqu'il devait gérer le cadre, le son, les acteurs et son propre rôle), le tout est d'une finesse qui peut rendre envieux la plupart de nos réalisateurs occidentaux. Une leçon de liberté qui élève Panahi au panthéon des plus grands.


jeudi 23 avril 2015

L'ENS c'est FINI

C'est décidé, ce sera le dernier article du blog où je parle de prépa. Je viens de passer l'ENS, j'a fêté ça comme il se doit et maintenant j'ai très envie de passer à autre chose.

Si j'ai vraiment beaucoup aimé ces deux ans de prépa, autant pour les cours que pour les gens que j'y ai rencontré, je reconnais que cette semaine et un jour de concours ont eu beaucoup de mal à passer. Les épreuves sont passées avec difficultés. J'ai un peu mal vécu le fait de faire le deuil de ces deux années en composant, tout ce que tu as révisé, appris, tout ce dont tu as terriblement envie de parler et que tu ne peux même pas évoquer parce que le sujet ne s'y prête pas, ça m'a été très pénible.

Très rapidement :
Géo : la catastrophe inter-galactique mais je m'y attendais un peu même si je pense que ça va m'être fatal. Le programme ne me plaisait pas, les cours m'ont gonflé et ça ne s'est pas arrangé quand j'ai passé l'épreuve. Voilà, rien à dire de plus si ce n'est que j'ai appris en sortant de la bouche d'une prof tout un tas de trucs que j'aurais préféré savoir AVANT de passer le concours. MAIS C'EST PAS GRAVE.
Histoire : sujet plutôt restreint (la presse quotidienne), c'est pas comme si le programme était immensément riche, qu'on pouvait aborder des points ultra enrichissants comme tout ce qui concerne l'art etc. Bon, tant pis. C'est fait.
Lettres : là ça devait être mon épreuve, j'ai bossé dessus comme une malade toute l'année. Je crois que j'étais un peu stressée et quand j'ai vu qu'on tombait sur l'autobiographie (alors que la dernière partie de l'année était consacrée au lecteur) je me suis rendue compte que je maîtrisais un peu moins cette partie, ce qui fait que j'ai essayé de compenser des lacunes et par la même occasion j'ai négligé les autres aspects du sujet. Le lecteur et la valeur ont seulement été évoqués alors qu'à la réflexion, je pense que ça devait constituer des pôles importants de la réflexion. Tant pis.
Philo : la grosse blague de l'ENS. J'avoue que j'ai souris. Je ne peux rien dire sur cette épreuve mis à part que j'ai eu l'impression de faire du trapèze sans filet. Je ne suis pas sûre d'avoir mené une réflexion philosophique dessus. Comble de tout ma prof qui en sortant nous annonce que c'est un sujet "plutôt classique". OUI BIEN SUR.
Anglais : j'ai frôlé la catastrophe au moment où j'ai commencé à rédiger en remarquant que j'avais lu "sixteen" ou lieu de "sixties" dans le paratexte pour qualifier l'âge de l'héroïne. Autant dire que j'ai pas eu beaucoup de temps pour le commentaire. Quant à la traduction je me demande encore ce qu'est le "lurex".
Spé (cinéma) : le docu. Je crois que c'est la seule épreuve où j'ai éprouvé un peu de plaisir; tout d'abord parce que c'était la dernière, mais aussi parce que j'avais à l'appui de très bon cours et que je me suis dit que je n'avais rien à perdre.

En résumé, je n'ai aucune envie d'avoir mes résultats parce que je sais que tout mon entourage va être très déçu, bien que je leur ai stipulé clairement que ça n'avait pas marché. J'ai décidé de passer à autre chose. Je ne khûberai pas l'année prochaine parce que vu comment j'ai vécu le concours je pense que ce serait une mauvaise idée (et puis je serai deux fois plus stressée) et je ne veux absolument pas entrer à l'ENS. Sans entrer dans les détails, je trouve que c'est quand même assez sclérosé (sachez chers provinciaux que plus d'un quart des places sont prises par les étudiants de HIV et de Louis le Grand), donc je n'ai AUCUNE chance. Et puis je refuse l'idée selon laquelle la réussite ne passe que par la case "normalien". Peut-être que je me trompe mais on en reparlera dans quelques années.

Sur ce je serais ravie d'avoir des échos de vos concours à vous, surtout que je désormais en vacances ce qui me laisse beaucoup de temps pour faire des orgies d'internet, de films et de lectures !

samedi 14 mars 2015

Un fantôme...

Un mot pour dire aux rares qui passent ici que ce blog va bientôt reprendre sa vocation initiale qui est la critique de films ! 

Sinon je suis toujours en prépa (en khâgne, et oui que le temps passe vite !). En fait je crois qu'il est quasiment impossible pour quelqu'un comme moi qui a tendance à s'éparpiller comme ça de tenir un blog à jour pendant deux ans de prépa, tout simplement parce que j'arrivais déjà pas à boucler les petits trucs à faire donc rédiger des articles en plus c'était un peu ambitieux de ma part. 

On est le 14 mars 2015. On est en week-end. Lundi je passe la dernière épreuve de mon dernier concours blanc avant le concours (la spé, ciné pour ceux qui veulent savoir). J'ai pas vu le temps passer. J'ai dû mal à croire que ça touche déjà à sa fin. Pour ce qui de ces deux ans, si je peux déjà tirer un bilan avant le concours et ses résultats je peux vous dire que je suis épuisée, j'ai perdu tout signe de féminité, j'ai plus beaucoup d'estime de moi-même au point de parfois sortir avec les cheveux gras, mais j'ai vécu une expérience extraordinaire avec des gens exceptionnels, j'ai appris des trucs dingues (qui aurait dit un jour que j'allais parler de la relativité générale dans mes copies de philo), et puis niveau résultats je me trouve pas trop mal compte-tenu de la difficulté des épreuves. 

Voilà, je vous souhaite tout un tas de trucs supers dans vos vies, pour les khâgnes ne stressez pas trop pour le concours (faites pas comme moi quoi !) et maintenant que c'est bientôt fini j'espère avoir un peu plus de temps pour passer ici. 

Enjoy,
Bobbie. 

samedi 2 août 2014

Vacances

Des nouvelles parce qu'on est en vacances (depuis 1 mois maintenant) et que je dois dire aux rares personnes qui passent ici que j'ai réussi mon année. Finalement, ce blog a été très peu rempli pendant cette année d'hypokhâgne et j'en suis la première désolée parce que je pensais que j'aurais plus de temps pour m'y consacrer. Mais non. 
Je passe donc en deuxième année (en khâgne héhé) et l'année prochaine ce sera un petit peu plus simple sur la blogosphère puisque j'aurai un appart' rien qu'à moi et, je l'espère, un abonnement internet. 
Depuis un mois maintenant, j'essaye de découvrir d'un peu plus près le programme de l'année prochaine mais je dois reconnaître que le soleil, les amis et le farniente m'appellent et que c'est un peu difficile de s'y mettre. D'ailleurs si d'autres khâgneux veulent discuter du programme avec moi, ce serait avec grand plaisir !

Je vous souhaite à tous un très beau mois d'août et à la rentrée !

vendredi 25 avril 2014

Pourquoi Xavier Dolan, c'est chouette...




Je vit dans le déni et je nie que je ne suis ni à la fac ni en vacances (en fait je suis en suspension de cours d'après mes profs, genre j'ai pas cours mais j'ai autant de travail). 
Bref je suis actuellement en, ce qu'on appelle de manière triviale, vacances et j'ai décidé de (ne pas) travailler mon concours blanc de la rentrée tout en enrichissant ma culture personnelle. Et puis comme dans quelques temps c'est le Festival de Cannes (petit événement local sans grande répercussion), j'ai un peu regardé les films sélectionnés. On y retrouve les habitués du Palais, Ken Loach (Hip Hip Hip Hourra), les frères Dardenne (qui devraient être interdit pendant 10 ans de Cannes parce que y'en a marre qu'ils raflent tout, et puis y'a une petite bouille qui fait parler de lui, un certain Xavier Dolan.



Xavier Dolan c'est le réalisateur dans le vent, 25 ans et déjà une filmographie extraordinaire; des prix à n'en plus finir et une énième participation au festival de Cannes. Xavier Dolan c'est aussi une gueule d'amour avec un accent québécois à tomber par terre, même si désolée mesdemoiselles ce jeune homme préfère les garçons (oui moi aussi ça me fend le cœur). Avant cette semaine je n'avais vu aucun film de Xavier Dolan, d'ailleurs j'ai appris son nom il y a trois mois sous les regards effarés de mes camarades préparationnaires (Comment, tu connais pas Xavier Dodo?) et j'avoue que jusqu'à présent ça me tentait pas plus que ça. Mais y'a deux jours je me suis regardé mon premier Dolan, grand moment d'émotion : Les Amours imaginaires. Du coup je suis sortie de cette expérience grandie et j'en ai sorti les 5 raisons pour lesquelles Xavier Dolan, c'est chouette.



1. Xavier Dolan est beau, et il joue dans la plupart de ses films (du moins les premiers), du coup regarder pendant 1h30 une gueule d'ange comme la sienne, ça ne se refuse pas.

2. Xavier Dolan est québécois, donc ses films sont en québécois. Encourageons ses moments de partage avec nos frères du continent américain. Et en plus de ça c'est vachement d'entendre des tournures telles que "T'es en amour" ou encore "C'est cute", et j'en passe.

3. L'univers de Xavier Dolan est vintage, et le vintage c'est chouette. C'est un monde où les garçons envoient des lettres pour donner rendez-vous à leurs copains, où les filles sont coiffées comme Audrey Hepburn et envoient des poèmes tapés à la machine à écrire pour déclarer leur flemme et où on écoute Dalida en marchant au ralenti dans la rue. Et Dalida, elle est chouette.

4. Le cinéma de Xavier Dolan ouvre les esprits. Ce ne sont pas des films sur l'homosexualité tout court, ce sont des films sur les gens, les vrais gens avec leurs défauts, avec leur faiblesse, leurs angoisses. De Hubert, 16 ans et sa mère, Chantal qui vit mal les préférences sexuelles de son films (J'ai tué ma mère) à Laurence, mari de Fred, qui avoue un beau jour à sa famille qu'il souhaite devenir une femme (Laurence Anyways).

5. Xavier Dolan invente le cinéma de demain. C'est peut-être un peu prétentieux mais je pense que c'est vrai. Tout simplement parce que Dolan est dans le visuel, non plus seulement dans le blablatage dans lequel s'enlise la plupart des films français. On est ici dans une nouvelle forme de ciné, que certains appellent Nouvelle nouvelle vague. Le montage est absolument parfait.

En définitive, Xavier Dolan c'est chouette, ses films sont chouettes et je ne pourrais que conseiller d'aller voir Tom à la ferme (qui m'a l'air bien chouette !).